Les porcheries de Riec-sur-Bélon : toujours plus !
Encore une demande d'extension de porcherie.
La plus grosse porcherie du secteur, la SCEA des peupliers à Guernez, est exploitée par Didier Miossec, vice-président des Jeunes agriculteurs du Finistère et frère du maire de Riec-sur-Bélon. Elle dispose actuellement d’une autorisation pour 3 174 porcs*, déjà bien supérieur à la moyenne du secteur qui est de 1 800 porcs, elle demande pourtant à passer à 3 739 porcs, soit 565 de plus.
Rivières et Bocage dénonce cette nouvelle extension située au cœur du bassin versant du Bélon et à proximité de l’Aven, deux rivières dont l’état sanitaire est déjà déplorable. L’Aven vient d’être classée zone à enjeu sanitaire, le Bélon le sera prochainement. Par cette extension, il faut s’attendre à toujours plus d’algues vertes dans nos rias, toujours plus d’ammoniac dans l’air, toujours plus d’interdictions pour les ostréiculteurs et les pêcheurs.
Une dispense d'évaluation environnementale troublante
Nous nous demandons, par ailleurs, bien pourquoi cette porcherie a été dispensée de produire une évaluation environnementale (arrêté préfectoral du 4 avril 2024). La demande d’augmentation de ses effectifs est pourtant supérieure aux dernières demandes d’extension de Riec-sur-Bélon qui, elles, ont dû produire cette évaluation. La conséquence de cette dispense, qui ressemble fort à un régime de faveur, est que la population sera privée d’éléments d’appréciation importants et que l’organisation d’une consultation du public devient très incertaine. Sur ce dernier point, nos demandes à la préfecture sont restées sans réponse. C’est pourtant l’ensemble de la population qui devra subir la dégradation de son environnement.
Après le permis de construire dérogatoire accordé à la SCEA du Goulet (voir notre article) cette dispense, qui était passée inaperçue, montre clairement que nos décideurs, malgré les rappels de la Cour des comptes et les condamnations judiciaires**, n’ont toujours pas pris conscience de l’ampleur du problème. Cette légèreté, voire ce déni, est un problème démocratique autant qu’environnemental.
Mise à jour du 10 juin 2025
Rivières et Bocage a proposé à M. Didier Miossec une rencontre pour échanger sur son projet. Hélas ce dernier nous a demandé en préalable de retirer notre article et de lui fournir la liste « exhaustive » de nos adhérents ainsi que leur adresse, âge et profession. Demande parfaitement inacceptable et illégale. Nous avons bien sûr refusé.
* La SCEA des Peupliers est autorisée par l’Arrêté Préfectoral n° 81/2004 A du 18 mars 2004 pour 3 174 animaux-équivalents : 250 reproducteurs, 1 020 porcelets et 2 220 porcs de production de plus de 30 kg.
Elle sollicite une autorisation pour : 253 porcs reproducteurs avec 273 places utiles, 36 porcs de plus de 30 kg (cochettes non saillies) avec 36 places utiles, 1 640 porcs de moins de 30 kg avec 1 640 places utiles, 2 616 porcs de plus de 30 kg (porcs de production) avec 2 616 places utiles, soit 3 739 animaux-équivalents.
Selon l’exploitant, les émissions en ammoniac atteindront après projet 11 182 kg de NH3.
** La dernière condamnation, celle du tribunal administratif de Rennes en date du 13 mars 2025, enjoint au préfet de la région Bretagne de prendre dans un délai de dix mois toutes les mesures nécessaires pour réduire effectivement la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole sur le territoire breton.
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Scandaleux !! à l’heure où il faudrait freiner la surproduction… réduire la pollution ou les pollutions de toutes sortes.
Tout, dans tous les domaines, n’est que politique, accords entre élus et décideurs etc…
Je hais cette époque sans morale, sans éthique, sans bon sens paysan où le seul saint vénéré est le Saint Fric !
Bonjour, y a t il une petition ou une sction prevue ?
Merci
https://www.l214.com/agir/localement-contre-les-projets-delevages-intensifs/
Il n’est pas seulement frère du maire, il est aussi dans le bureau des JA (jeunes agr) et responsable JA du canton.