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Les arbres morts du Guily… entre Riec et Moëlan

Les arbres morts du Guily : choquant visuellement … Et pourtant il s’agit d’une étape nécessaire vers une restauration du caractère maritime de l’extrémité amont, de l’estuaire du Bélon.

Oui on peut penser à un spectacle de désolation, des promeneurs s’en plaignent.
Comprendre que cela est transitoire et temporaire, est néanmoins important.
« Rien n’est à craindre dans notre monde … tout est à comprendre »  Marie Curie.

Beaucoup d’erreurs ont été faites dans le passé par méconnaissance, et nous en payons le prix …. Comme nos descendants paieront le prix d’autres erreurs actuelles malheureusement et qu’il faudra corriger si cela est possible.
La multiplication des barrages sur les cours d’eau, pour usage personnel humain, a conduit à une 1° modification du paysage existant il y a 150 ans !
Le changement actuel était donc également prévisible, au vu des connaissances actuelles.
L’étude approfondie réalisée en 2022 à l’initiative du Département répertoriant toute la flore, avec son suivi, montre qu’une nouvelle végétation s’installe, retournant vers l’aspect initial de la vallée, plus maritime et plus conforme à l’équilibre naturel des écosystèmes (flore, faune)

Paysage suite à l'inondation des rives
En amont du pont, prairie inondée

Comprendre : voici des extraits de l’étude effectuée par le département du Finistère
« Depuis 2022 une expérimentation est lancée pour le rétablissement de la continuité écologique sur la RD 24 au niveau du Pont du Guily.

La rivière du Bélon s’étend sur environ 18 km depuis Bannalec et se jette dans la mer au niveau de Moëlan-sur-mer et de Riec-sur-Bélon.
Jusqu’aux années 1870, l’eau de mer remontait jusqu’au lieu-dit Moulin Mer pour former une anse naturelle.
La création de la digue a modifié le fonctionnement naturel de la vallée, ce qui a entrainé une accumulation de sédiments et perturbe grandement la libre-circulation des poissons migrateurs dans la rivière.
L’ouvrage constitue ainsi le premier obstacle sur le Bélon pour la continuité piscicole et sédimentaire
Au titre de l’article L214-17 du code de l’environnement,
le Bélon, du Moulin neuf jusqu’à l’estuaire, est un cours d’eau classé sur la liste 2 de l’arrêté du 10 juillet 2012.
Sur ces cours d’eau, tout ouvrage doit être géré, entretenu et équipé pour assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs (Anguilles, Saumons Atlantique, Truites de mer et espèces migratrices d’eau douce).

Le Département a donc l’obligation réglementaire, en tant que propriétaire, de mettre l’ouvrage en conformité au titre de la continuité écologique.

Pour répondre à cette obligation, la Direction des routes et des infrastructures de déplacement (DRID) a fait réaliser une étude en 2017. Dans cette étude, au vu de la configuration actuelle de l’ouvrage, un seul scénario d’aménagement a été proposé, celui de retirer un clapet à marée sous le pont.

A gauche : un seul clapet ouvert, marée descendante en janvier 2026, importance du débit du Bélon en aval du pont .

Si ce scénario permet d’améliorer la continuité écologique, il n’est pas sans conséquence pour autant, puisqu’il entraîne, en raison de la réapparition du courant de marée, une érosion du shore existant, une re salinisation des sols avec une évolution naturelle de la flore existante vers une flore halophile
L’obligation réglementaire d’assurer la circulation des poissons migrateurs imposée par le classement en liste 2 vise les espèces effectuant leur cycle de vie alternativement en eau douce et en eau salée (espèces amphihalines) dans le cas présent (saumon , truite de mer, anguille, flet, lamproie) ainsi que les espèces dont le cycle de vie est réalisé dans un seul milieu (espèces holobiotiques).

La présence de civelles accumulées au pied des clapets, en position fermée, à l’aval du pont du Guilly, a été observée le 3 mars 2022 par les agents de l’OFB lors de grands coefficients de marée (coefficient 101).
Ces observations confirment l’intérêt et la nécessité de restaurer la continuité écologique sur cet axe majeur que constitue le Belon. »

 

Le Bélon, à marée basse en juin 2026, avant de franchir le pont du Guily.

Le cheminement naturel de l’eau est préférable et d’autres obstacles doivent encore être levés en amont du Guily, pour limiter la mortalité des quelques unités de saumons encore présents dans le Bélon (info donnée par les pêcheurs eux-mêmes) :
– au niveau des moulins
– au niveau du pont : avec un seul clapet ouvert sur cinq, le courant est plus fort, les poissons n’ont pas toujours la force de remonter (voir photo en hiver), mais déjà mieux que rien.

Le Bélon a toujours été un « cours d’eau à saumons et truites de mer », alors même que les arbres morts que l’on déplore n’avaient pas leur place.
Connaissance et compréhension historiques et scientifiques ne sont-ils pas indispensables ?                                                                                              Espérons avoir répondu aux interrogations des observateurs inquiets.

shore : rivage, bord de mer
halophile : supportant une certaine salinité du sol

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