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Découverte de l’entreprise de Julien Doineau, l’Atelier bocager

Ce 14 novembre, Julien s’est rendu très disponible pour accueillir la vingtaine de participants. A notre arrivée, il triait et mettait en sac de beaux oignons avec deux personnes.

La ferme compte 3 ha dont 0,6 est exploité en maraichage : des légumes en plein champ sur un demi-hectare et des légumes sous serres, sur 800 mètres carrés ; 47 différents légumes de saison poussent dans l’atelier potager.

Dans le cadre du projet municipal de la reconquête des friches littorales de Moëlan et s’appuyant sur la procédure prévue par le code rural (articles L 125-1 a L125-15 du code rural et de la pêche maritime) permettant de développer des productions locales sur des terres inexploitées, Julien a obtenu le 15 mars 2019 l’autorisation préfectorale d’exploiter 2 ha 7sur l’ancien verger de Kerliguet en maraichage biologique. «Cela a été un travail de longue haleine !». Pendant un an et demi, il a du rencontrer ouéchanger par mails et téléphone avec tous les propriétaires ou indivisaires (près de 50 personnes pour 2 ha 7) et il a du établir un bail avec chacun des propriétaires.

Il nous a confie avoir vécu un période difficile lors des démarches d’installation. Il a subi des pressions, un stress important et regrette que la procédure soit bloquée pour d’autres porteurs de projets qui étaient motivés comme lui et qui ont perdu de l’argent.

Le maraicher a présenté son parcours professionnel. Bientôt agé de 40 ans , il est très sensibilise à l’ergonomie. Ayant travaillé dans différents domaines professionnels notamment comme charpentier, il a constaté que d’un point de vue physique, le maraichage est l’activité la plus difficile. Depuis l’obtention de son brevet professionnel agricole en 2012, il travaille comme maraicher bio. Le projet de Moëlan est sa troisième tentative d’installation .

La reprise des terres, maquis de ronces et de petits arbustes a été très compliquée, un boulot monstre après plus de 20 ans de non exploitation.Julien a compris très vite que les bras ne suffisaient pas. En 2020, il a faitappel à deux entreprises de défrichement : avec broyeurs forestiers et broyeurs à cailloux pour désoucher. En 2020 encore , construction des serres ( 800 mètres carrés ) et du cabanon.

Julien est en constante recherche pour améliorer le rendement tout en ne traitant pas. La méthode de maraichage « le sol vivant » a été médiatiséepar Fortier « la micro ferme bio » c’est le principe d’une terre jamais à nu et de plantations plus serrées.  La terre de l’exploitation est sablo/limoneuse, bonne pour les carottes avec un PH de 6 à 7 . La terre n’est pas labourée, la grelinette à la main a ses limites. L’adaptation et la fabrication d’outils attelés au tracteur ont été nécessaires afin d’obtenir la qualité de travaux de sols. Le désherbage se fait à la main, dur dur pour les travailleurs! . Après un arrosage, il utilise une bâche noire pour occulter la terre pendant une période, la chaleur et surtout l’absence de lumière permet une destruction des plantes indésirables mais pas de la vie du sol. Au lieu d’utiliser des plastiques jetables, il a fait le choix d’investir dans des des plastiques tissés d’une durée de 10 ans, la contre partie au gain est un travail supplémentaire pour les percer !  La maitrise de l’arrosage est aussi un élément important, il a investi dans du matériel adapté : goutte à goutte, brumisateur, avec un système de réglage très précis (minuteur). Il s’interroge sur l’opportunité de récupérer une partie des eaux de lavage des légumes.

Il réalise 90 % de ses semis (la reproduction de semences se limite à l’ail, pommes de terre, haricots, épinards, pour l’instant). Il achète la plupart des semences dans une entreprise agréée bio du Gers .

Julien vend directement aux particuliers ses légumes et le surplus de ses plants 2 fois par semaine, de mars à décembre(mercredi et samedi). Cette formule fonctionne très bien de mai à septembre avec une clientèle de proximité, essentiellement des habitants de résidence secondaire. La clientèle est insuffisante en hiver. Il vend aussi dans le cadre de l’AMAP aux halles de Moëlan, le vendredi de 18 h à 19 h . Julien s’est vite rendu compte du besoin de main d’œuvre. Il doit embaucher surtout des saisonniers pour assumer l’intégralité des tâches. Actuellement il assure les salaires saisonniers d’un équivalent temps plein sur l’année et reçoit aussi des stagiaires. Pour le moment, il ne s’octroie aucun salaire.

La tempête Ciaran a provoqué une perte de deux mois de légumes de plein champ (navets choux, dernières verdures de l’année). Ses 4 serres ont résisté , mais les structures ont bougé ce qui nécessitera plusieurs heures de travail pour resserrer tous les boulons. Bien que ses serres soient assurées, c’est un soulagement pour lui car sa situation financière reste très précaire .

Pour la première fois cette année, il a perçu une prime PAC. Cependant, il sera obligé de réinvestir la totalité des bénéfices pour préparer la prochaine saison.

Julien est sollicité régulièrement par des agronomes, des élus intéressés par son expérience. Il se montre passionné lorsqu’il parle de son métier. Son travail suscite de l’admiration, il nécessite un investissement très important à tous les niveaux.

Il poursuit son projet avec un objectif : «Je ne laisserai pas une terre morte» . Nous ne pouvons que l’encourager, notamment en parlant de son entreprise vertueuse autour de nous, sur notre site et en faisant partie de ses clients.

Merci Julien pour ces deux heures de disponibilité…

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