Déclassement sanitaire du Bélon. La pêche à pied interdite pour un an au moins.
Le Bélon déclassé.
Comme nous vous en informions dans un précédent article, un arrêté préfectoral* relatif au classement sanitaire des zones de production de coquillages du Finistère vient d’être promulgué. Le bilan est lourd pour le Bélon, l’ostréiculture se voit grevée d’importantes contraintes sanitaires et la pêche à pied est tout bonnement interdite dans tout le Bélon, au minimum pour un an. (ci-dessus capture d’écran du site de l’ARS pecheapied-responsable.fr)
Pour rappel, le Bélon, comme tous les gisements conchylicoles français, fait l’objet d’une surveillance sanitaire régulière. Cette surveillance repose sur des analyses microbiologiques et des mesures de contaminants divers, dont les métaux lourds. Elle est effectuée par un laboratoire agréé et aboutit à un classement de salubrité distinct pour trois groupes de coquillages, les gastéropodes (bigorneaux…), les bivalves fouisseurs (palourdes, coques…), les bivalves non fouisseurs (huîtres, moules…).
Le classement est établi en fonction de seuils légaux et de fréquences de dépassement sur les trois dernières années. Il se divise en 4 zones par ordre décroissant de qualité, A, B, C, NC (non classées, c’est à dire interdite).
Ce qui change pour le Bélon
- l’amont reste non classé car il ne répond pas aux critères de suivi ;
- la partie intermédiaire est déclassée de B à C pour les fouisseurs (coques) ;
- la partie aval reste classée B pour les huîtres, sous réserve de contrôles sanitaires supplémentaires très contraignants pour les ostréiculteurs, et ce secteur devient interdit pour les autres coquillages.
Et, nous le rappelons, tout le Bélon est désormais interdit à la pêche à pied pour tous les coquillages.
L’arrêté précise : « …les maires des communes littorales sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application du présent arrêté ».
Devant la gravité de la situation, la préfecture a réuni le 24 juillet les différents acteurs concernés, « pour lancer officiellement un plan de lutte contre les sources potentielles de pollution des eaux. Ce plan sera mis en œuvre dans le cadre d’une zone à enjeux sanitaires (ZAES) »
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Les pollutions du Bélon se succèdent et les périodes d’interdiction de pêche et les restrictions de commercialisation se multiplient. Nous dénonçons cette situation depuis des années et rencontrons régulièrement nos élus, pour exprimer notre inquiétude, obtenir des explications et faire part de nos suggestions.
Nous ne disposons pas encore de données précises sur le Bélon, mais une étude mené sur une dizaine d’années à Coat Melen dans l’Aven montrait assez clairement une responsabilité partagée. Un fort pic de contamination par E. coli en période d’épandage pointait une origine agricole et un autre, en période estivale, pointait vraisemblablement une origine humaine (assainissement, plaisance…). Il y a peu de raisons pour qu’il en soit autrement sur le Bélon.
Des lois bafouées
Quelles que soient les causes prédominantes, et les débats contradictoires, nous demandons dès maintenant, le retour à un respect des lois qui sont bafouées depuis des années ! Ainsi l’interdiction d’épandage dans la bande des 500 m est vidée de sa substance par de multiples dérogations et la loi de 1935 qui établit des périmètres de protection autour des établissements ostréicoles est, quant à elle, purement et simplement ignorée (nous y reviendrons dans un prochain article). Dans ces conditions, les extensions d’élevages multiples et répétées et l’augmentation des surfaces d’épandage ne peuvent rester sans effet sur la qualité sanitaire du Bélon.
Quimperlé Communauté vient de décider d’investir 218 000 € dans une « Route de l’huître », un programme de communication visant à valoriser la filière ostréicole. Nous estimons, avec d’autres, qu’il serait bien préférable d’employer ces fonds à la protection du Bélon contre la pollution, par exemple en recréant des haies et des talus ou en rénovant le réseau d’assainissement.
La meilleure publicité pour notre territoire serait que nos rias ne soient pas polluées.
Honte aux élus qui ont laissé la situation se dégrader d’année en année. Voilà le résultat! Les ostréiculteurs n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes : ils n’ont pas manifesté pour l’interdiction des extensions de porcheries. (Principales causes,avec les traitements agricoles ) les agriculteurs sont intouchables alors qu’ils polluent l’air,la terre,les rivières et donc la mer, ce qui a un très fort impact sur la santé de la population : cancers, malformation des foetus etc… A quand l’interdiction des baignades à Kerfany située à l’embouchure des 2 rivières,Belon et Aven ? Pour le PROFIT de quelques uns,c’est toute la population qui en pàtit,c’est scandaleux,
Ce vendredi 23 août 2024, la baignade est interdite, plage de Kerfany-les-Pins, à Moëlan-sur-Mer (Finistère). En raison d’une pollution révélée à la suite de prélèvements effectués, jeudi 22 août.
Vous avez raison des décisions incompréhensibles des élus.
Je suis triste de voir notre si belle région subir un désastre écologique.
La pollution affecterait non seulement la biodiversité mais aussi les économies locales, en particulier celles qui dépendent de la pêche,de l’ostréiculture et du tourisme.
La pollution des fleuves et des rivières est un problème grave mais encore en grande partie réversible. Nous connaissons les causes profondes de celle-ci ainsi que les impacts désastreux sur notre environnement.
Oui la plage de Kerfany a été fermée hélas à plusieurs reprises.
les élus de toutes les communes sont responsables en fonction de leurs décisions de l’avenir de nos conditions de vie.
Je ne suis pas Breton et pourtant je suis amoureux de ce magnifique paysage depuis 65 ans.
Je suis un biologiste à la retraite et j’ai profité pendant toutes ces années de l’océan.
S’il vous plaît pensé à l’avenir de vos enfants.
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Bonjour, je suis scandalisé et écoeuré par ce constat.
Je suis originaire de Riec sur Bélon, mais je n’y habite plus depuis des années.
Mais je viens régulièrement pêché des crustacés dans l’Aven et le Bélon aux grandes mérées, essentiellement crevettes et étrilles.
J’ai délaissé les coquillages depuis longtemps, en particulier les palourdes que j’estime surpêchées.
Je suis vraiment désolé de cette situation, dans ce magnifique environnement.
Que faire pour remédier à çà ?
Comment intenter un procès, contre une préfecture qui signe le déclassement du BELON en Zone à enjeu sanitaire le 26 juin, et qui autorise l’extension de 2 élevages intensifs de porc les 27 juin et 28 juillet? Il y a-il une union des associations environnementale de prévue pour entamer une procédure juridique? Merci. Ne rien lâcher.
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