Pour Rivières et Bocage la santé du Bélon est un problème de santé publique
Rivières et Bocage tient à remercier la mairie de Moëlan-sur-Mer, qui nous a reçues par trois fois, depuis juin, au sujet de la pollution du Bélon et des interdictions de pêche à pied. Dans sa dernière lettre aux habitants, elle a clairement rectifié ce qui avait été affirmé précédemment concernant la consommation des huîtres et des moules. Mais face aux interrogations, voire aux doutes qui persistent malgré tout pour certains, il nous semble important d’insister sur ce qui est à retenir.
L’interdiction de pêche à pied, pour raison bactériologique, est bien permanente sur tout le Bélon, conformément à un arrêté préfectoral du 26 juin 2025 et à un nouvel arrêté du 07 juillet 2026 qui reconduit l’interdiction, en principe pour un an.
Une confusion venait sans doute de la confrontation de deux cartes qui ne parlent pas du même sujet.
A la suite de nos interventions, un affichage clair a été mis en place à Moélan-sur-Mer, malheureusement insuffisant, car uniquement près d’un seul lieu de pêche. Un affichage sans équivoque est également présent à Questélan à Riec-sur-Bélon. Il sont conformes à l’article 9 de l’arrêté préfectoral qui stipule : « les maires des communes de Riec, Moëlan, Baye et Quimperlé sont chargés de l’exécution du présent arrêté ».
Court rappel à retrouver dans notre article de juin 2024 : Le Bélon, comme les rias voisines et les abers du Nord Bretagne, subit des perturbations écologiques importantes pouvant être sources de dangers pour la santé humaine. Actuellement, l’état bactériologique de notre bassin conchylicole justifie le projet de ZAES dont la consultation publique est en cours.
Les bactéries fécales retrouvées dans l’eau de notre estuaire, viennent des intestins des mammifères :
- humains, après passage par des réseaux et stations d’épuration défectueux
- animaux (essentiellement porcs) qui ne subissent aucune épuration avant épandage de lisier.
Concentrées par les coquillages filtreurs que nous consommons, ces bactéries ne peuvent être maîtrisées que par les ostréiculteurs. Le renforcement, à la fois, du traitement en bassin de purification et des contrôles, leur permet de continuer la commercialisation des huîtres.
A ce danger d’origine terrestre, se surajoute une préoccupation venant de la mer.
Des microalgues, et notamment du plancton toxique pour l’humain (Dinophysis, Alexandrium, Pseudo-nitzschia), vivant naturellement en mer depuis des millions d’années, semblent modifier leurs proportions et répartition. Leur prolifération est déclenchée par des conditions environnementales favorables : température, ensoleillement et des éléments nutritifs à disposition, notamment l’azote issu du continent, et d’origine essentiellement agricole.
Ce plancton est intermittent dans notre estuaire, mais constaté de plus en plus fréquemment lors de notre suivi bi mensuel. L’alternance d’interdictions et de réouvertures à la commercialisation, est ainsi compréhensible.
Au contraire les bactéries fécales sont présentes en permanence comme nous l’avons rappelé. Notre mairie l’a bien compris et a relayé l’information.
Autre constatation préoccupante, perturbation visible actuellement dans le Bélon : l’abondance des algues vertes. Les nitrates ne viennent pas majoritairement des effluents humains, bien au contraire.
Sans doute l’objet d’un article à venir.
Qu’en est-il de l’élevage de milliers de porc qui devait être juste au-dessus… ?
Merci pour votre question. Les bâtiments de l’extension de Goulet Riec sont construits. N’hésitez pas à nous contacter.
Pourquoi cette mention ” bien au contraire” dans le paragraphe ci-dessous:
Autre constatation préoccupante, perturbation visible actuellement dans le Bélon : l’abondance des algues vertes en surface. Les nitrates ne viennent pas majoritairement des effluents humains, bien au contraire.
Comment quantifiez vous les effluents humains et porcins ?
La station d’épuration de Moelan sur mer est surchargée ( ça pue dans le ru en contrebas ) . En quel état sont les autres stations ?
Merci pour votre question.
Il est possible de différencier l’origine des nitrates, en analysant les isotopes stables de l’azote, de l’oxygène (ion Nitrate= NO3-) et du bore dans l’eau d’une rivière . C’est la méthode de référence, utilisée par les laboratoires du BRGM, les Agences de l’eau, pour cartographier avec précision les responsabilités, humaines et animales.
Magnifique analyse de la pollution du Bélon et des limites de la mise en place de la ZAES. Rigeur scientifique et trés grande pédagogie des auteurs qui mériteraient largement une place dans le cabinet du Ministre de la transition écologique, s’il existait!
Nous habitons Riec et, sauf erreur de notre part, nous n’avons vu passer aucune communication de la part de la mairie sur la pollution du Bélon, les interdictions et la mise en place de la ZAES. Avez vous eu des contacts, ou non? Positions des ostréiculteurs?
Encore bravo.
Concernant le sujet largement débattu de cette pollution du Belon et vu l’importance de celui-ci dans le terroir (santé, tourisme, ecologie au sens large), nous sommes de plus en plus nombreux à penser que seule la mise en place d’un assainissement collectif (les pompes de relevage existent depuis plus d’un siècle,…) traitera valablement la cause humaine de ces pollutions.
Il nous semble nécessaire de budgéter rapidement, au niveau qui convient, le financement de cet assainissement collectif pour la partie habitée au dessus du Belon, qui n’est pas encore raccordée à l’équipement collectif.
Ce pourrait être l’occasion de remettre en état les chemins et les routes, chaque jour davantage en déshérence (réf. Chemin de la Fontaine, chemin du Gorgen,…).
PS Certains se souviendront que, lors d’une mandature précédente, on avait su trouver l’argent de l’Europe pour réaliser un curage totalement inefficace de l’embouchure du Belon !
La cause animale, deuxième explication validée scientifiquement, justifie pleinement l’arrêt de toute extension des exploitations porcines impliquées directement et indirectement.
Tôt ou tard, si nous n’agissons pas, les rumeurs et la mauvaise réputation feront que la Belon et les conchiculteurs pourraient avoir une mauvaise presse, menant souvent à des affaires incertaines.